Jul 2, 2010 0
Plan Emergence : Repositionner l’offre du secteur de l’électricité/électronique
A peine 30% de la production orientée à l’export. Le ralentissement du Perg et la crise mondiale compromettent l’activité. Les conclusions d’un rapport du cabinet Booz Allen. Le secteur de l’électricité/électronique prépare sa mue. Pour repositionner l’offre et développer les débouchés à l’export ainsi que de nouveaux relais de croissance, la filière a commandité une étude. Celle-ci a été confiée au cabinet international Booz Allen. L’objectif étant de définir une stratégie de développement de l’offre et de promotion des exportations ainsi que les modalités d’un accompagnement dans la déclinaison. Pour améliorer l’existant, l’étude a commencé par analyser les principales faiblesses du secteur pour formaliser les enjeux et les défis à relever. Le constat des consultants relève que le secteur reste principalement orienté vers le marché national avec seulement 30% de la production qui est dédiée à l’export. Dans la partie services, le taux d’exportation est très bas. Plus encore, les opérateurs ont une «connaissance relativement limitée de la clientèle des pays cibles». Une clientèle composée non seulement des services publics, mais aussi de producteurs indépendants d’énergie et de sociétés d’ingénierie clés en main. La preuve de cette méconnaissance se reflète via le ciblage de marchés de l’Afrique occidentale francophone sur le seul critère «de confort». Ce qui se traduit par un passage à côté de réelles opportunités. Par ailleurs, la production nationale reste principalement concentrée sur le câblage et les appareils de commutation à moyenne tension. Du coup, les fabricants ne se positionnent pas sur les parties significatives du marché du transport et de distribution électriques (T&D). D’où la perte par le Maroc de marchés importants en tant que fournisseur de gros projets d’alimentation. Autre bémol et non des moindres, le principal des produits a une très faible valeur ajoutée. Sur ce registre, la différenciation se base uniquement sur les critères liés au coût et aux délais de livraison. Par ailleurs, les certifications du LPEE ne sont reconnues que dans 5 pays. Le test du LPEE est accepté uniquement au Sénégal, Mauritanie, Bénin, Togo et Tunisie. Du coup, faute de reconnaissance, la non-conformité aux normes requises devient une autre barrière dans de nombreux pays (du CCG et de l’UE notamment). Aujourd’hui, selon l’étude, la négociation de traités de reconnaissance est essentielle pour pénétrer de nouveaux marchés. Et ce n’est pas tout, les appels d’offres pour les projets de transport et distribution électriques requièrent des garanties bancaires et des autorisations de l’Office des changes. Sur ce point précis, le manque de réactivité ou de réponses rapides fait souvent rater des opportunités internationales aux fabricants marocains. Sur un tout autre registre, le cabinet Booz Allen signale que la crise économique actuelle devrait avoir «un impact négatif sévère sur les exportations d’électroniques dans un premier temps». Ce qui rend difficile toute projection de croissance générale dans le court terme. La situation du secteur risque de devenir encore plus compliquée vu que le Perg (Programme d’électrification rurale généralisée), principal marché de la filière, enregistre un ralentissement des dépenses. D’où l’urgence de développer une vision vers l’export. Meilleur ciblage Pour y arriver, le cabinet recommande de focaliser, dans le moyen et long terme, les efforts marketing sur le marché électrique du T&D, segment où les opportunités sont plus importantes. Une action qui doit être couplée à un meilleur ciblage d’un plus grand nombre de pays d’Afrique et du Moyen-Orient dans le court terme, ainsi que l’Europe à plus long terme. L’expérience du Perg devra jouer en faveur des arguments du secteur électrique et le positionner comme leader de l’électrification rurale. Mais tout devra passer par une meilleure connaissance des marchés ciblés avec l’utilisation de commerciaux et d’analyses loss/win, recommande l’étude. Sur le plan marketing, de gros efforts devront être déployés. A commencer par les salons du CMPE qui se spécialisent dans l’aéronautique et le BTP, mais qui n’ont aucun programme marketing ciblant le marché du T&D, lequel représente la plus grande opportunité pour le Maroc. A ce jour, selon les consultants, le programme marketing s’est intéressé aux services publics électriques, mais il laisse de côté les IPP et les secteurs d’ingénierie clés en main. Or, le manque de clients phares pour le Maroc sur le marché des IPP et de l’ingénierie clés en main rendra difficile la pénétration de nouveaux marchés. Des niches à l’export L’Afrique de l’Ouest, principal relais de croissance. Cinq marchés prioritaires dans le court terme. 17,8 milliards de dirhams, c’est la valeur des exportations marocaines en composants électriques et électroniques en 2007. Un chiffre appelé à connaître une nette amélioration, grâce notamment à l’impulsion qu’apporte le plan «Maroc Export plus» initié il y a une année afin de renforcer les acquis du secteur des exportations et de positionner progressivement le Maroc sur plusieurs marchés stratégiques. Et stratégique, le secteur de l’électricité et de l’électronique l’est bien! Il englobe autant de domaines que la micro-électronique, l’aéronautique, le luminaire, la production d’électricité et les produits de transmission et distribution d’électricité. Et il présente un grand potentiel de développement au niveau mondial. Au Maroc, le segment de l’électronique représente 6,3 milliards de DH en exportations annuelles, dont 88,5% proviennent d’une seule société, ST Microelectronics. Quant à celui de l’électricité, il représente 11,5 milliards de DH et a un effet significatif sur le PIB et sur le marché du travail. La production marocaine dans ce secteur se concentre de manière intensive sur le marché du transport et de distribution d’électricité (T&D) avec un accent mis sur les câbles, transformateurs, et interrupteurs destinés à la distribution. Du fait de l’expérience accumulée avec le Perg, le secteur est robuste. C’est en vue de cela que les recommandations de la stratégie sectorielle, formulées par le cabinet de conseil Booz Allen Hamilton à la demande de la Fenelec (Fédération nationale de l’électricité et de l’électronique), se focalisent sur le développement des exportations de produits T&D dans le court et moyen termes. Pour ce qui est de la promotion des exportations de microélectroniques, elle devrait devenir une priorité seulement dans le long terme, une fois que la promotion des investissements assure une capacité suffisante dans ce segment. Le marché mondial en équipement T&D et services s’élèvera à 140 milliards de dollars d’ici 2015 avec une croissance attendue de 5,1% par an. Une croissance supérieure à la moyenne sera attendue principalement dans les pays en voie de développement durant la «phase d’équipement» de leurs secteurs. C’est cela qui a déterminé l’orientation du Maroc vers le marché T&D africain, entre autres critères, parmi lesquels il y a lieu de citer la demande forte en raison de leur faible taux d’électrification et d’un nombre significatif de nouveaux projets. Aussi, l’accès au marché est fondé sur la reconnaissance des normes marocaines et sur une logistique relativement favorable. En effet, le coût de la mise en conformité aux normes est beaucoup plus faible que dans les marchés européens. Concernant l’aspect logistique, il est relativement favorable aux producteurs marocains vers l’Afrique du Nord et de l’Ouest, tout au moins en comparaison avec les autres producteurs de pays en développement Sans oublier les liens commerciaux basés sur la proximité, la connaissance culturelle et les contacts développés par la Fenelec. Le cabinet Booz Allen Hamilton en vient ainsi à recommander dans le court et moyen termes, cinq marchés cibles en Afrique (Nigeria, Angola, Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal) et cinq marchés complémentaires (Ghana, Tunisie, Libye, Egypte, Congo). De plus, le plan définit six marchés de niche potentiels au Moyen-Orient (EAU, Arabie Saoudite, Bahreïn, Yémen, Jordanie et Irak) à évaluer. Signalons ici l’opportunité que constituerait l’EEEOA, le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain , créé en 1999 par les pays de l’Afrique de l’Ouest afin d’intégrer les opérations des systèmes électriques nationaux dans un marché de l’électricité unifié. Il devient donc crucial de négocier la reconnaissance de ces normes dans tous les pays de la Cedeao afin de pouvoir pénétrer leur marché. Et d’étendre par la suite cette accréditation à l’international afin de pouvoir investir le marché européen lorsque les investissements injectés au secteur nous permettront d’assurer les volumes requis. leconomiste.com
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